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Visite de la carrière de Gore

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A Andenne, des tailleurs wallons se préparent à réaliser les blocs du futur pont des Trous Propriété du SPW, la carrière de Gore (Sclayn, entité d’Andenne) fournit les pierres calcaires nécessaires à la demande de tous les chantiers que le SPW engage. Cette pierre est de qualité exceptionnelle et cette carrière de la DGO2 reste la seule qui exploite et transforme la roche de la falaise à la pierre de taille. L’expérience des employés de cette carrière -ouverte au 19e siècle et acquise par le Ministère des Travaux publics en 1923- lui permet de participer aux projets les plus complexes tant en nouvelle construction qu’en rénovation de bâtiments classés.

Elle est la seule carrière en Belgique à produire encore cette pierre qui a servi pendant les siècles passés à construire les monuments mosans (des dalles funéraires romaines du 2° siècle faites dans cette pierre ont même été découvertes à la citadelle de Namur). Les calcaires viséens exploités entre Namêche et Andenne servent principalement pour la fabrication de concassés et de chaux mais également pour la confection de moellons bruts ou équarris. Certains bancs donnent une bonne pierre de taille prenant la ciselure ( c’est le cas des pierres de Gore). Ces calcaires sont connus sous le nom de « pierre de Meuse ».

En images

Visite de la carrière de Gore (Andenne - SPW) from Scaldis Tournai on Vimeo.

La paroi de la carrière de Gore laisse escompter d’une réserve de production pour 150 à 200 ans au rythme actuel. Aujourd’hui, gérée par le Service public de Wallonie, elle consacre 75% de sa production à la Direction générale opérationnelle de la Mobilité et des Voies Hydrauliques ainsi qu’à la Direction générale opérationnelle des Routes et des Bâtiments du Service public de Wallonie. Les matériaux qui en sont issus sont utilisés notamment pour l’aménagement des abords des cours d’eau et des sites publics (bordures, bancs, garde-corps, socles de statues, stèles commémoratives).

La carrière de Gore s’est engagée à produire les pierres pour la construction du nouveau Pont des Trous, et a investi dans un nouveau bâtiment de 180 m2 abritant deux nouvelles machines de découpe de pierres de grande précision à commande numérique. Il s’agit d’une machine à scier de très grande dimension (un disque de 2 mètres de diamètre), qui pourra préparer les blocs de pierres bruts. La seconde machine est une débiteuse très précise « 6 axes » qui transformera ces blocs en pierres spécifiques pour le Pont des Trous. Chaque élément étant différent, une extrême précision est requise.

La carrière emploie une vingtaine d’ouvriers (mineurs, foreurs, tailleurs de pierre) et employés, et extrait bon an mal an 3.000 mètres cubes de pierres calcaire V2b, procédant à un tir de mine en moyenne tous les quinze jours. La production de produit fini est de 300 m3, le reste étant converti en moellons. Le savoir-faire exceptionnel des tailleurs wallons permettra de garantir la qualité de la production et de répondre aux exigences que requiert ce projet unique. Des investissements importants ont été engagés à la carrière de Gore pour assurer la taille des pierres des futures arches du pont des Trous.

Le comité d’accompagnement du chantier Scaldistournai s’est rendu sur place le 18 septembre dernier pour mieux appréhender la texture de cette pierre et sa similitude forte avec celle des tours du pont des Trous, mais aussi pour mieux comprendre les techniques mises en œuvre.

Les étapes de la production

1. L’extraction

Le banc de la carrière de Gore est attaqué à la poudre noire, afin de décoller des blocs. La nitroglycérine ou la dynamite exploserait ou fissurerait immanquablement le bloc. Les équipes procèdent à 2 à 3 tirs par mois, principalement en période sèche (la poudre appréciant peu l’humidité) pour constituer un stock qui sera taillé et débité majoritairement en période hivernale, moins propice aux tirs.

Le calcul et les préparatifs du tir durent en moyenne 2 jours. Un carottage est réalisé tous les 30 centimètres, parfois jusqu’à une profondeur de 1,80 m pour y verser la poudre noire. Pour référence, il a fallu 12,5 kg de poudre pour le tir visible dans la vidéo, qui a détaché un parallélépipède de calcaire de 5m sur 7 sur 3. Les blocs extraits ensuite sont conduits au débitage grâce à un chargeur.

2. Le débitage

Le débitage, c’est le sciage des blocs réalisé par de larges scies circulaires. Les disques de ces dernières sont chargé de dents avec un alliage spécifique pour cette pierre (qui peut contenir des traces de silex) : diamant, cobalt, cuivre et manganèse. Le disque a une durée de vie de 2 ans, les dents de celui-ci peuvent être rechargées quatre fois dans cet intervalle. La coupe se fait à l’eau, avec une consommation de 60 à 120 litres d’eau minute en fonction de la machine.

Chaque passe dure de 20 à 35 minutes. Des morceaux plus petits, de différentes formes et taille, sont ensuite sciés dans les parties ne présentant pas de faiblesse apparente. La carrière s’est d’ailleurs récemment dotée d’une machine à commande numérique -et a engagé un opérateur pour cet outil spécifique- afin de réaliser des coupes d’une précision ultime, dans tous les axes et angles possibles.

3. La taille

Une fois coupés à dimension, les blocs prévus sont livrés aux tailleurs, qui dessinent sur ces derniers les traits du gabarits de taille reçus de leur chef d’exploitation. De véritables artistes entrent alors en piste. Borne, dalle, bordure, volute, banc, linteaux de fenêtres…

Les pierres finies peuvent être très simples, ou accueillir des niveaux de détails et de décoration particulièrement recherchés. Les types de finitions sont nombreux et requièrent chacun un coup de maillet et de pointe particulièrement précis : ciselé, bouchardé (mécanique ou manuel), sbattu, piqueté, strié, flammé…

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