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Canal Seine-Nord : les feux sont au vert

Où en est le dossier du Canal Seine-Nord ? S’il peut être associé aux travaux actuellement en cours à Tournai parce qu’il émarge de la même démarche d’interconnexion en Europe, le futur creusement du Canal Seine-Nord ne conditionne pas ces derniers, indispensables pour moderniser le réseau de voies fluviales wallonnes. Les 106 km entre Compiègne et Aubancheul-au-Bac (Cambrai) constituent un verrou qui doit impérativement sauter entre la région parisienne et les bassins de la Seine et de l’Oise, et, à l’autre extrémité, l’Escaut, la Lys, et plus loin les bassins de la Meuse et du Rhin.

« La fin des inquiétudes ». C’est d’ailleurs en ces termes clairs et confiants que Luc Foutry, a qualifié ce mardi matin le contexte dans lequel évolue désormais le projet du Canal Seine-Nord Europe. Le président de la Commission ‘Transports et Grandes infrastructures’ au Conseil régional des Hauts de France s’exprimait devant les quelque 350 invités de la Direction de la Promotion des Voies navigables et de l’Intermodalité, réunis à La Louvière l’occasion de la 18e Journée du Transport Fluvial et de l’intermodalité.

Au niveau planning, les études, entamées depuis 2017, se poursuivront jusqu’en 2022 tandis que les travaux proprement dits seront échelonnés par tronçons entre 2020 et 2027. Les premières acquisitions sont en cours dans différents départements, notamment la Somme, en vue de préparer les échanges fonciers et remembrements nécessaires pour le creusement. Une campagne de reconnaissance géotechnique vient d’être lancée, tandis qu’un marché public de maîtrise d’ouvrage pour près de 86 millions d’euros a également été publié. Des travaux d’archéologie préventive et d’aménagements environnementaux (création de mares, reboisement…) sont aussi en cours.

« La mise à gabarit de l’Oise, sans laquelle ce projet n’aurait de sens, est entamée et sera achevée en 2023, et nous nous réjouissons de voir qu’en Wallonie, les travaux avancent également, a poursuivi Luc Foutry. Et l’Europe y croit ! Déjà, le cofinancement est garanti même en cas de dépassement du délai. Et lors de la dernière réunion du Conseil de surveillance de la Société du Canal Seine-Nord, le représentant de l’Union européenne nous a informé qu’une demande allait être examinée pour faire évoluer le taux de cofinancement européen de 42 à 50%. Vous pouvez compter sur Xavier Bertrand pour que ce projet ne connaisse plus aucun retard ! »

UN PEU D'HISTOIRE

Après les prises de position tout aussi déterminées de Franck Dhersin (Vice-président en charge des Transports et des Infrastructures) dans la presse, un autre représentant des Hauts de France manifeste donc tout l’engagement de la jeune Région dans un projet « fondateur, un réel acte de naissance pour les Hauts de France. Avec 6 millions d’habitants et 3,5 milliards de budget, nous avons la volonté et la capacité de mener à bien ce dossier ».

Le Canal Seine-Nord a souvent été présenté comme une Arlésienne. Certes, les études initiales ont démarré dès 1993 mais le dossier a connu un véritable tournant dès 2008, avec la Déclaration d’Utilité Publique décrétée par le Gouvernement français. Considéré comme éligible aux Fonds européens en octobre 2013, visé par un accord de cofinancement européen à hauteur de 42% en juillet 2015, le Canal Seine-Nord s’est vu encadré par une Société de projet en octobre 2016, et confirmée dans les 3 grands projets nationaux par Emmanuel Macron en mars 2017.

Quatre mois plus tard, à la grande surprise de tous, le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot souhaitait mettre « en pause » le projet. « Avec tous nos partenaires politiques et économiques, les territoires locaux, nous avons refusé cette pause et tout retard », se souvient Luc Foutry. Depuis, autour de Xavier Bertrand, c’est toute la Région des Hauts de France qui s’est mobilisée : L’Etat français a accepté la régionalisation du projet, et confirmé son engagement pour contribuer au projet à raison d’1 milliard d’euros. La Région s’est accordée pour préfinancer la part de l’Etat jusqu’à 2019. « Et pas plus tard que le 5 juin, la Ministre Elisabeth Borne a redit le soutien sans réserve de l’État pour ce projet. La Loi d’Orientation sur les Mobilités et la Loi de financement 2019 devraient confirmer les modalités de financement par l’État. »

QUELQUES CHIFFRES

  • 107 - En km la longueur totale du canal à creuser
  • 54 – En mètres, la largeur du canal (avec 4,5m de profondeur utile, adapté donc à la classe CEMT Vb)
  • 60 – Le nombre de ponts à ériger
  • 6 – Le nombre d’écluses à aménager sur le tracé
  • 4 – Le nombre de plateformes logistiques prévues
  • 10.000 – Le nombre d’emplois créés par le projet
  • 4,5 – En milliards d’euros, le coût total estimé du chantier
  • 1,8 – En milliards d’euros, la part cofinancée par l’Union européenne
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